Qu’est ce que le placement abusif ?

Qu’on l’appelle « placement abusif » ou « retrait injustifié d’enfants de leur famille » (selon la formule du Conseil de l’Europe qui encore récemment s’est penché sur ce sujet brûlant), ce phénomène en constante augmentation en France est extrêmement préoccupant.

Il consiste en ce qu’un enfant soit retiré à sa famille, parfois en quelques heures, parce que des services sociaux l’ont considéré « en danger » et qu’un juge a décidé de son placement en se fondant sur le rapport social, le tout en deux temps trois mouvements sans que la famille ne puisse véritablement être entendue pour sa défense.

En effet la notion d’enfant “maltraité”  qui existait avant dans le code civil a fait place à la notion d’enfant  “en danger”. Or s’il est déjà difficile de définir exactement la maltraitance, définir la notion de danger est juste impossible tant elle est arbitraire.

Pour tel juge, un divorce sera un danger pour l’enfant (. le conflit devient le danger) et pour tel autre juge,  un enfant qui a été battu et qui est remis à sa famille ne sera pas en danger  car le lien familial lui permettrait de trouver un équilibre. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle “fleurissent” en France des affaires abominables où des enfants ont été tués par des parents  suivis par les services sociaux et  déjà condamnés pour des faits de maltraitance avérées. Dans ces affaires l’enfant n’a pas été placé.   Parallèlement, fleurissent des cas où des enfants non maltraités sont placés par les services socio-judiciaires pour des raisons de danger alors qu’il n’y a eu aucune maltraitance et aucune condamnation des parents.

Ce phénomène touche des milliers d’enfants, et partant des milliers de familles – et si on ajoute les familiers, l’entourage, ce sont des centaines de milliers de personnes qui sont un jour confrontés à ce kidnapping légal.

De quoi s’agit-il ? 

Attention, soyons clair

Tout le monde sait qu’un enfant faisant l’objet d’une maltraitance physique ou psychologique avérée et prouvée, peut faire l’objet d’un placement en Foyer. Ces foyers dépendent de l’Aide sociale à l’enfance, sous la houlette et la responsabilité juridique des Conseils départementaux. 

Il est à l’évidence souhaitable qu’un enfant soit protégé – à condition qu’il le soit réellement, ce qui n’est pas acquis puisque les foyers où ils sont placés ne le garantissent malheureusement pas. Mais c’est un autre sujet ! Oublions les affaires de prostitution, de maltraitance, de suicides au sein de l’Aide sociale à l’enfance, Faisons comme si, pour le bénéfice du raisonnement.

– Qui sait cependant qu’un enfant considéré trop proche de sa mère  peut être considéré en danger et placé du jour au lendemain ?  Une école, une voisin, ou n’importe qui a la  la possibilité de faire une « information préoccupante » même anonyme. Il suffit que les parents soient en conflit, ou bien encore qu’une  mère cherche à protéger des violences sexuelles du père, pour justifier le danger. ( dans ce dernier cas, le danger vu par les services sociaux est l’aliénation de l’enfant)  L’enfant peut se trouver du jour au lendemain retiré à son parent protecteur et placé dans un foyer, pour des mois et quelquefois des années ?

C’est pourtant la réalité des dossiers d’assistance éducative – un bien drôle de nom pour des dossiers dont un très grand nombre, la moitié selon l’inspection générale des affaires sociales, ne devraient pas même exister ! Ce qui veut dire que la moitié de ces enfants auraient dû rester dans leur famille et que pourtant ils sont violemment arrachés à celle-ci, par une mesure judiciaire à laquelle il est bien difficile de résister, les recours étant très illusoires quelle que soit la pugnacité des parents protecteurs et de leurs avocats, et quel que soit leur profonde douleur devant cette criante injustice qui broie les enfants.

« Pourquoi ? Comment ? Mais ce n’est pas possible ? » Nous entendons d’ici les cris du bons sens, révulsé par ce qui vient d’être dit.

Si, c’est possible, et c’est devenu un fléau, une honte pour un système judiciaire fonctionnant en huis clos. Les parents qui y sont confrontés, la destruction morale et psychologique des enfants placés à tort qui en découlent,  sont des scandales absolus dont il est pourtant aisé d’énumérer les causes. 

Pour être synthétique : les services sociaux sont la cheville ouvrière d’un système  qui est , disons le,  lucratif, il faut rentabiliser les foyers, faire vivre tout le secteur social qui compte des centaines de milliers de travailleurs. Le comble est qu’il existe des organismes auxquels l’Aide Sociale à l’Enfance sous-traite. Et ces mêmes organismes, qui vivent notamment du placement d’enfants,  peuvent être mandatés par le juge pour faire une enquête sociale ! Un conflit d’intérêt avec des enjeux financiers qui ne devrait pas exister dans un secteur comme celui de la protection des enfants.

Les juges ne sortent pas de leur Cabinet, ils traitent des centaines de dossiers et ils font une confiance aveugle aux rapports sociaux, lesquels peuvent tout affirmer sans avoir à le prouver (contestant même des rapports d’experts médicaux)… alors qu’en face la famille injustement accusée deviendra le pot de terre contre le pot de fer et devra se battre de façon homérique pour nier des accusations très souvent sans fondement. Ajoutons une autre cause, l’idée d’une famille « étatisée » c’est à dire d’un contrôle de plus en plus grand des familles, qui va de pair avec un recul des libertés individuelles et de la vie privée.

Le Conseil de l’europe dans un document récent a fustigé cette pratique du retrait d’enfant injustifié, et parallèlement des documentaires sur les foyers (par ex : Zone interdite) nous ont révèlé tous les dysfonctionnements de ces lieux qui très souvent vont mettre en grande difficulté des enfants qui n’auraient jamais dû en franchir le seuil …

Les mamans qui se battent pour récupérer leurs enfants, et les pères qui mènent aussi ce combat, ont trouvé un nom pour désigner ce kidnapping légal : le désenfantement.

Ce sujet est brûlant. Il est embarrassant car il semble remettre en cause directement les décisions des juges des enfants, dont chacun voudrait croire qu’ils savent ce qu’ils font et ne peuvent que faire du bien auxdits enfants … eh bien non. Car l’intérêt supérieur de l’enfant au nom duquel statue le juge est elle aussi une notion arbitraire. 

La justice est humaine, et donc elle peut se tromper et être manipulée. Mais ses erreurs sont lourdes de conséquences, et quelquefois fatales. L’enjeu du combat contre les placements abusifs est un enjeu majeur : un enfant arraché à une famille bienveillante  perdra tous ses repères, se mettra souvent en échec scolaire, quand il n’est pas en dépression … ou bien il  s’adaptera en apparence  pour en réalité faire taire toutes ses émotions, « en mode survie ».

Les enfants placés à tort viennent de toutes les couches sociales sans exclusive. Pour autant, certaines mamans sont souvent la cible des services sociaux, comme les mamans qui élèvent seules leurs enfants ou les mamans d’enfants autistes, dont les difficultés sont mises alors sur le compte de leur mère !

Mais aussi, 

A l’aide de concepts ineptes, de psychologie mal digérée, les services sociaux pointent un « syndrome d’aliénation parentale » (alors que la ministre mme Rossignol a demandé que ce syndrome non scientifique ne soit plus mentionné) et en accablent les mamans qui dénoncent l’inceste. L’enfant leur est alors arraché au prétexte qu’elles ont manipulé la parole de l’enfant ! De même, une mésentente avec l’école peut pousser une directrice à faire une « information préoccupante » (la terrifiante IP) ou un signalement, et voilà la famille dans la machine infernale de l’évaluation par les services sociaux puis de la saisine du juge pour enfants … Et encore, le conflit conjugal, une situation bien banale qu’un enfant peut savoir gérer, est utilisé par les services sociaux pour préconiser le placement :  voilà des enfants dont les parents divorcent (quoi de plus banal pourtant !) qui se retrouvent éloignés de leurs parents. Le divorce devient le danger au titre que l’enfant serait dans une situation de conflit inextricable.

Le placement abusif est une énorme recul de la liberté familiale, liberté fondamentale garantie pourtant par les articles 8 et 9 de la Convention internationale des droits de l’enfant – une Convention bien ignorée, souvent lettre morte. Le placement abusif bafoue le droit des enfants à vivre avec leurs parents, il doit être combattu avec la plus grande détermination.

L’ENFANCE AU CŒUR œuvre pour le dénoncer par tous les moyens dont elle dispose, elle accompagne les familles et les enfants qui le subissent.

 

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