LES CHIFFRES NOIRS DE LA “PROTECTION” DE L’ENFANCE

Face à l’ampleur d’un phénomènes aussi inquiétants qu’est la maltraitance de l’enfance, aucune réponse ne se fait entendre sur la scène publique. La maltraitance infantile reste le “parent” pauvre de nos politiques publiques en France. Pourtant tous les experts et spécialistes interrogés s’accordent sur la véracité des chiffres noirs de la maltraitance. On le sait, aujourd’hui, en France, une femme meurt tous les deux sous les coups de son compagnon. Chaque jour également, deux enfants meurent de maltraitance sous l’indifférence des différents pouvoirs publiques en place. Pourtant, parmi ces enfants, ces victimes, nombre d’entre eux étaient suivis par les services sociaux ! Le phénomène interroge donc ! Les enfants sont-ils invisibles ?

Les enfants ne comptent-ils pas pour inscrire la protection de l’enfance dans l’agenda politique ? Non, car les enfants ne votent pas, ils n’intéressent pas nos responsables

            Des mineurs en danger, des enfants maltraités dans le silence

Selon l’Observatoire de l’Action Sociale Décentralisée (O.D.A.S), les chiffres de la violence infantile et de la maltraitance sont de plus en plus alarmants…

  • 300.000 mineurs étaient officiellement considérés en danger en 2017
    •  20% d’entre eux étant victimes de violences physiques ou sexuelles
      •  44% de ces enfants avaient moins de 6 ans
  • 600 à 700 décès d’enfants par an sont imputables à de mauvais traitements infligés par les parents.
  • 40% des enfants de l’Aide Sociale à l’Enfance deviennent SDF faute de prise en charge et de suivi après leur placement, une fois arrivés à leur majorité. Cela revient à leur infliger une double peine.
  • 81% des abus sexuels en France concernent des mineurs selon une enquête réalisée dans le cadre de la campagne « Stop le déni », conduite par le Docteur Salmona sous l’égide de l’Unicef et l’association Mémoire traumatique et victimologie.
    • 51% de ces enfants avaient moins de 11 ans
    • 21% avaient moins de 6 ans.
  • 4 millions de personnes  victimes d’inceste (AIVI).
  • 422 enfants violés chaque jour (Dr Salmona)
  • plusieurs millions photos de pédopornographie sur Internet ( un homme à Lyon a été arrêté avec un million de photos ! )
  • 9 enfants sur 10 confrontés à un contenu choquant sur Internet. (les contenus choquants sont très traumatisants et peuvent avoir un impact extrêmement grave sur le psychisme de l’enfant)

Et l’Education Nationale dans tout cela ? 

On ne le répétera jamais assez : les prédateurs vont là où il y a des enfants ! On se souvient encore malheureusement des nombreux cas médiatiques, mettant en lumière des actes de pédophilie commis par des enseignants. Des actes et des scènes traumatiques qui ne manquent pas de soulever l’indignation de l’opinion publique et de soulever un débat !

Concernant l’Education Nationale, chaque année des professeurs sont révoqués pour faits de pédophilie ou de détentions d’images pédopornographiques. Le nombre d’enfants victimes d’attouchements ou de violences sexuelles dans le cadre de cette institution est difficile à évaluer et pour cause, l’Education ne dispose pas de chiffres. On estime que ce sont des centaines d’enfants qui ont été abusés ou violés chaque année ! En 2018 pas moins de 477 enfants avaient été entendus pour une seule école !

De nombreux parents restent confrontés à l’indicible et au mutisme de l’Education nationale, qui n’a proposé aucune mesure concrète d’accompagnement psychologique pour ces enfants.

 

La maltraitance et ses conséquences, STOP LE DENI !

Nous avons aujourd’hui de très nombreux chiffres sur l’étendue de la maltraitance commise sur les enfants. Nous pouvons, malgré le silence dans lequel sont enfermés de nombreuses jeunes victimes, mettre des chiffres sur une réalité très sombre… Pourtant, on parle encore trop peu des conséquences de cette violence physique, sexuelle, psychologique pour le développement d’un enfant… Si de nombreux psychologues, psychanalystes et autres thérapeutes accompagnent aujourd’hui des enfants victimes de maltraitance, tentant de faire baisser les chiffres noirs de l’enfance, il s’agit en réalité d’un combat à mener à l’échelle nationale…

Anne Tursz, directrice de recherche à l’institut national de la santé et de la recherche médical (INSERM), qualifie la maltraitance infantile de « phénomène de santé publique massif ». Et pourtant la prise en considération de ce phénomène est très lente dans notre société.

Les enfants maltraités, la société et la Justice Française…

Il est évident que la voix des enfants ne résonne pas aussi fort que celle des adultes, loin s’en faut, on peut dire au contraire qu’ elle est méprisée, mal recueillie et trop souvent remise en cause. Ces défaillances ont été accentuées depuis le syndrome « Outreau » qui a fait reculer la voix et le droit des enfants à être entendus comme il se doit et comme le prévoit la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), ratifiée il y a 25 ans par la France

Le rapport de 2002 de Juan Miguel Petit Rapporteur auprès de l’ONU, a pointé de graves défaillances en matière de traitement judiciaire des enfants victimes d’abus sexuels en France. Après avoir enquêté sur ces dérives en France, le Rapporteur a mis en lumière des décisions de justice allant à l’encontre de la protection de ces enfants abusés sexuellement.

Des mères hors la loi pour protéger leurs enfants…

La dérive de la Justice française face à la maltraitance de l’enfance va plus loin encore… A titre d’exemple, de nombreuses décisions de justice contraignaient les mères de famille à remettre leur enfant à celui que l’enfant identifie comme étant son violeur . Beaucoup de ces mères françaises qui n’ont pas accepté ce type de jugement, ont dû s’exiler en Suisse pour protéger leur enfant ! Une aberration aux vues du rôle premier de la Justice, censée protéger les plus faibles… Le Rapporteur a par la suite rencontré ces exilées françaises qui ne demandaient que la protection de leur enfant et qui pourtant prenaient le risque d’être lourdement condamnées en France à leur retour ! (Qui donc pourrait protéger ses victimes innoncentes, si ce n’est donc leurs mères ?)

Cette dérive inquiétante de notre système judiciaire a fait bondir les autorités helvétiques, sans que cela n’ébranle la conscience de notre système judiciaire ou de nos pouvoirs publics qui ont continué à demander l’extradition de ces mères françaises…

La France pointée du doigt pour la sauvegarde de l’enfance

Le 13 et 14 janvier 2016 les représentants du gouvernement français, ainsi que la ministre de la famille Laurence Rossignol ont été auditionnés à Genève par le Comité des droits de l’enfant chargé d’évaluer l’application de la CIDE. Le bilan pour la France est alarmant, et plus globalement la « protection des enfants contre toutes ces formes de violences a été jugée insuffisante » par l’ONU. Il s’agit là d’une énième recommandation de l’ONU, qui rappelle à la France son manque d’engagement et de protection des enfants. Faute de politiques concrètes en matière de protection de l’enfance, de nombreuses associations se sont créées en France pour contrebalancer les défaillances d’un système qui ne protège pas ses citoyens les plus vulnérables, alors même que le budget alloué est conséquent.

Les dérives continuent d’être quotidiennes et la France ne semble toujours pas avoir pris conscience de l’ampleur de ce phénomène de santé publique, qui coûte très cher à notre système de protection sociale puisque l’enfant maltraité devenu adulte, développera des pathologies nuisant non seulement à son développement, mais aussi à sa productivité sur le plan économique. Il s’agit là d’un constat alarmant pour la France, reléguée au 19 ème rang des pays de l’OCDE en matière de maltraitance infantile ! C’est un constat peu glorieux pour notre pays des Droits de l’Homme qui continue à être pointé du doigt régulièrement par nombre d’instances internationales dénonçant régulièrement les défaillance très graves de l’Etat français dans cette matière.

 

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