La Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux enfants rend son rapport

La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux mineurs a rendu son Rapport et bien évidemment les associations de protection de l’enfance parmi lesquelles L’ENFANCE AU COEUR boivent du petit lait ! Cependant, comment expliquer qu’il ait fallu des décennies pour que des recommandations de simple bon sens puissent enfin être faites et rendues publiques ?

Ces recommandations sont les suivantes :

  1. Prévoir la suspension de plein droit de l’exercice de l’autorité parentale et des droits de visite et d’hébergement du parent poursuivi pour viol ou agression sexuelle incestueuse contre son enfant.
  2. Suspendre les poursuites pénales pour non-représentation d’enfants contre un parent lorsqu’une enquête est en cours contre l’autre parent pour violences sexuelles incestueuses.
  3. Prévoir, dans la loi, le retrait systématique de l’autorité parentale en cas de condamnation d’un parent pour violences sexuelles incestueuses contre son enfant

Il est affligeant de constater que la montagne accouche d’une souris, à savoir des conseils que n’importe quel citoyen informé de la problématique du parent protecteur et de l’inceste, pourrait faire en dix minutes.

Pourtant, la situation de l’enfant victime que son parent protecteur, le plus souvent la mère, échoue à protéger face à une justice sourde, aveugle et idéologue, est une situation vécue par des centaines de milliers de citoyens.

Qu’il ait fallu attendre des décennies, qu’il ait fallu des centaines de mères condamnées et d’enfants envoyés chez leur violeur/agresseur est le signe d’une société qui ignorait délibérément le fléau absolu qu’est l’inceste. En effet ne pas voir l’inceste, ne pas y croire permet de faire se poursuivre une pseudo justice et ce confort là n’a pas de prix. Cependant ce confort judiciaire tout à fait lamentable a un coût. En effet le coût social de l’inceste, sachant que le quart des mineurs est victime d’inceste en France, est extrêmement élevé. L’enfant victime non reconnu et non pris en charge sera l’adulte de demain, dysfonctionnel et trop souvent inapte à mener une vie socio-professionnelle et famille normale et saine.

La Commission rappelle le peu de plaintes pénales en matière d’inceste par rapport au nombre d’incestes commis et non révélés, et quand on sait que la plupart de ces plaintes n’aboutissent pas, que reste t-il au bout du bout de ce chemin judiciaire terrifiant ? Une indicible souffrance, des victimes en miettes, des parents protecteurs détruits.

Tout ce qui est écrit dans ce Rapport n’est que le reflet de la réalité vécue par des centaines de milliers de parents protecteurs et par leurs enfants. Pour ces parents protecteurs, protéger leur enfant commence par être la quadrature du cercle avant de devenir l’antichambre de l’enfer.

Un enfant parle d’inceste à sa mère, sa mère le croit et s’adresse à la Justice, c’est alors que la Justice la qualifie de manipulatrice et refuse la protection de l’enfant, plaçant de fait la mère dans l’illégalité (non représentation d’enfant) ou laissant délibérément se reproduire l’inceste en obligeant celle-ci à envoyer l’enfant chez l’agresseur. Les mères ayant écopé de sursis ou ayant fait de la prison pour empêcher que leur enfant soit envoyé par une décision de justice antérieure à la révélation des faits ou postérieure à cette révélation, chez leur père-agresseur, sont légion ! Elles ont payé le prix fort de cette protection refusée par la justice, ou du déni total de la parole de leur enfant – et de la leur. Quelquefois elles ont tout perdu, vie professionnelle et sociale, liberté et souvent la santé.

L’ENFANCE AU COEUR espère que ces recommandations seront traduites dans des lois et des pratiques judiciaires. Et qu’elles ne seront pas un voeu pieu, formulé dans la dynamique médiatique actuelle qui peut à tout moment retomber. En effet, la proximité de l’élection présidentielle, comme à l’accoutumée, va conduire les médias et le personnel politique à ne parler que du pouvoir d’achat ! La France continuera t-elle à considérer que les exigences du porte-monnaie sont supérieures aux exigences éthiques et morales et à la protection de l’enfant, avenir de la société ?

https://www.ciivise.fr/wp-content/uploads/2021/10/Avis-meres-en-lutte.pdf

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