LA COMMISSION INCESTE CHANGERA T-ELLE QUELQUE CHOSE POUR LES VICTIMES ?

L’ENFANCE AU COEUR veut saluer une initiative, le lancement de la plate-forme de téléphonie mise au point par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles présidée par le juge des enfants Edouard DURAND. Sur cette plate-forme qui démarre mardi 21 septembre 2021, les victimes pourront parler.
Il est précisé que cela permettra d’ajuster la politique publique. L’ENFANCE AU COEUR n’y voit que du bon, et suivra avec intérêt le déroulement et les résultats de ce projet. Il n’empêche que notre association voit surtout sur le terrain judiciaire, que la parole des victimes traduite en plaintes et procédures n’aboutit que rarissimement faute de preuves mais surtout faute d’une volonté judiciaire de croire la victime,  puis de sanctionner l’agresseur.
La parole des victimes ne doit pas devenir un mur des lamentations qu’on leur tend sous sa forme moderne, à savoir une plate-forme de téléphonie avec sms possibles !! La parole des victimes doit au premier chef se traduire par des dépôts de plainte alors même qu’un très faible pourcentage des victimes agit sur le plan pénal, et qu’un pourcentage encore plus faible obtient de la Justice que l’agresseur soit condamné. Tout le problème est donc de rendre une foi en la Justice aux victimes et c’est loin d’être gagné. Or la plate-forme de téléphonie n’a qu’un lointain rapport et donc très peu d’effet sur cette problématique : le doute quant à une véritable justice pénale punissant l’inceste et les agressions contre les enfants. Cette justice pénale, L’ENFANCE AU COEUR l’attend encore et doute qu’elle existe vraiment.
C’est pourquoi le grand écart existant entre le bruit médiatique et les trouvailles des commissions et autres spécialistes médiatisés, et le terrain judiciaire toujours aussi aride et décevant a de quoi nous choquer encore et toujours. Oui, nous le savons, la Justice condamne sur preuve. Prouver l’inceste, prouver les agressions est difficile, quelquefois impossible. La justice minore, déconsidère et doute fondamentalement de la parole de l’enfant victime. La justice au jour d’aujourd’hui ne se donne pas les moyens scientifiques et humains pour mettre en place des protocoles obligatoires et efficients de recueil de la parole des enfants.
Or ces méthodes et protocoles existent (le protocole Nichd de Mireille Cyr par exemple) et sont utilisés dans d’autres pays avec succès. Pourquoi pas en France ?? Il suffit de lire des PV d’audition d’enfants pour se rendre compte qu’en France globalement et sauf exception
ON NE SAIT PAS INTERROGER UN ENFANT.  Ne pas l’écouter, ne pas le croire, et dès lors écarter sa parole pour considérer puis juger que l’agresseur est parfaitement innocent (et même cruellement diffamé pourquoi pas à la suite d’un affreux et non scientifique SAP !!!)
voilà la posture judiciaire la plus courante. C’est la raison pour laquelle une plate-forme de téléphonie créée ce mardi n’est pas la nouvelle la plus réjouissante pour L’ENFANCE AU COEUR, qui aime bien les gadgets mais leur préfère les vraies réformes.

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