Paris met en place un plan contre les violences faites aux enfants

Qu’en pense L’ENFANCE AU COEUR  ? 
Les mesures que la Ville de Paris voudrait prendre en faveur des enfants ont tout l’air d’être positives.. On y trouve une Maison d’enfants de trente places pour les enfants victimes d’inceste, un établissement pour les enfants co-victimes de violences conjugales, des numéros d’urgence inscrits dans les lieux fréquentés par les enfants … L’inventaire est assez “inventif” ! Il appelle toutefois certaines remarques critiques et certaines interrogations légitimes  : grouper des enfants en fonction des violences sexuelles subies (maison pour enfants victimes d’inceste) est en effet tout à fait bizarre.
Outre le nombre de places tout à fait ridicule (30 !!) l’effet psychologique que peut avoir sur des enfants le fait d’être regroupés en fonction de la violence subie, et précisément en fonction de la violence la plus épouvantable subie, doit être mesuré d’urgence car il implique un risque de démoralisation, de sentiment de discrimination et de désespoir qui alerte notre association. Si vous subissez un phénomène que vous voudriez absolument penser exceptionnel tellement il vous éprouve, voudriez-vous que l’on vous mette en présence de tout un groupe de personnes subissant le même phénomène ? Le découragement et une vision des choses extrêmement pessimiste en résulterait, et aucune amélioration psychologique ne pourrait en advenir. L’espoir, l’espérance est une donnée fondamentale de l’âme humaine, se désespérer “ensemble” d’un fléau aussi destructeur que la trahison parentale la plus abjecte, est-ce une vraie bonne idée ? Le dispositif limité à 30 enfants traduit peut-être le côté expérimental de la chose, mais les expériences sur la psychologie enfantine font peur. Il est précisé dans cet article que ce type de Foyer “inceste” existe déjà à AGEN, L’ENFANCE AU COEUR n’a jamais été informée du moindre retour d’expérience à son sujet : qu’en conclure dès lors ? La prudence est de mise.
En ce qui concerne l’éternel serpent de mer, à savoir la formation du personnel, qui sera intensifiée, que dire là aussi ? L’ENFANCE AU COEUR entend cette antienne depuis des lustres. Davantage de formation n’est jamais à négliger, mais quel type de formation ? Celle consistant à dire à ces personnes encadrant les enfants “méfiez-vous, depuis l’affaire Outreau l’enfant est menteur ?” celle consistant à dire “méfiez-vous des mamans, elles instrumentalisent leurs enfants ?” celles qui consistent à dire “préconisez le placement, la mère est trop fusionnelle ” ? Celles qui consistent à dire ” les parents font subir des examens à leur enfant, ils ont le syndrome de Munchausen ! ” ? Tant de théories loufoques et anti-famille et surtout anti-mamans circulent, et le business de la protection de l’enfance fonctionne à un tel régime et rapporte tant d’argent (AEMO, AED, MJIE, placements) que la plus grande méfiance est de mise concernant la formation des professionnels de l’enfance ou côtoyant l’enfance.
Si les mêmes théories circulent, les mêmes préjugés eux aussi en font autant ! Le préjugé selon lequel la parole de l’enfant ne doit pas être crue est le pire de tous. Former des gens à recueillir la parole d’un enfant pour ensuite ne pas le croire, n’est-elle pas la formation la plus lamentable qui soit ? L’ENFANCE AU COEUR le dit et le répète, si l’enfant était écouté et qu’il bénéficiait de crédibilité, des milliers et des milliers de drames seraient évités. A Besançon il y a trois ans, une enfant de douze ans disait à qui voulait l’entendre que son père l’incestuait, elle n’a été crue qu’une fois enceinte, à 14 ans ! Elle parlait dans le vide, face au mur de l’incrédulité et d’une forme d’indifférence très fréquente de tous ces personnels formés qui ne veulent prendre aucune responsabilité – ou qui sont orientés idéologiquement.
Les professionnels bien formés ne sont pas là où ils devraient être, notamment dans les tribunaux ! Dans les tribunaux, une audition d’enfant se fait sans professionnel dédié, face à un juge souvent effrayé de ce que dit l’enfant, ou bien incompétent pour comprendre une parole douloureuse, hésitante ou partielle, car il ne détient aucune connaissance à ce sujet. Les protocoles de recueil de la parole de l’enfant ne sont pas nombreux, pourtant celui qui émerge comme le NICHTD n’est pas appliqué et aucun des professionnels que la Ville de PARIS va gentiment former n’en entendra parler alors que dans les pays anglo-saxons il est appliqué.
Ainsi, que contient cet objectif de “formation” ? Mystère et boule de gomme, en tout cas, armé d’humanité, de bon sens, d’une vraie écoute, un professionnel pourrait déjà, sans formation mystérieuse et supplémentaire, éviter à un enfant bien des souffrances, voilà la vérité ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, c’est typiquement français ! Quant au traitement judiciaire de tous les crimes et délits dont l’enfant est victime, le laxisme actuel est un encouragement à ce que l’enfant soit encore davantage victime, et sur cette question, la Ville de PARIS n’a aucune prise, pas plus, visiblement, que les associations comme nous, qui demandons, encore et toujours, une sanction exemplaire des pédocriminels. En résumé, l’enfant en France n’a pas besoin de gadgets annoncés à grand fracas de communication, surtout en période électorale !! Il a besoin d’écoute, de crédibilité et d’un vrai engagement pour sa protection, de tous les adultes qui sont autour de lui.
Source : https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-met-en-place-son-plan-contre-les-violences-faites-aux-enfants-04-06-2021-XJ6GLFIEIBHD7PCBST3C7JVRBA.php?fbclid=IwAR0wTuGH2S2reukCqw9qnWH6QkjR-a9_INV3FIYycfTTC2fg-dLqxy2F5SA

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