ASE 10 milliards et SDF

 Le scandale du passage à l’âge adulte des enfants placés


L’étude ELAP citée par Le Monde montre comment tant de jeunes sortent majeurs de l’ASE sans soutien, sans repères, sans avenir. Résultat :

Chaque année, l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) reçoit près de 10 milliards d’euros de budget public. Un chiffre colossal, qui devrait garantir à tous les enfants confiés à sa protection un avenir digne et sécurisé. Pourtant, les chiffres sont implacables : 25 % des personnes sans domicile fixe sont issues directement de l’ASE, et 80 % des SDF ont connu au moins un passage par ses services au cours de leur vie.

Autrement dit, ce dispositif censé protéger les plus vulnérables devient, trop souvent, le marchepied vers l’exclusion.

 Des parcours brisés

L’étude ELAP (Étude longitudinale sur l’accès à l’autonomie des jeunes en protection de l’enfance) avait déjà tiré la sonnette d’alarme :

 Près de la moitié des jeunes sortant de l’ASE n’ont aucune personne de confiance vers qui se tourner.
Beaucoup quittent le système sans diplôme, avec un revenu médian d’à peine 400 € par mois.
Le fameux contrat jeune majeur, qui devait prolonger la prise en charge jusqu’à 21 ans, est appliqué de manière inégale selon les départements, soumis à des conditions restrictives et souvent ressenti comme un carcan.

Résultat : des jeunes majeurs fragiles, précipités dans l’autonomie sans filet.

 Un budget colossal, pour quel résultat ?

Avec ses 10 milliards d’euros annuels, l’ASE est l’un des plus gros postes budgétaires de la protection sociale. Comment justifier alors :

 Que tant de jeunes se retrouvent dans la rue à peine sortis du dispositif ?
Que des formations au rabais (CAP courts, orientations subies) soient la norme, fermant la porte à des carrières stables ?
Que les départements jouent à la loterie avec l’avenir de ces jeunes, appliquant chacun leurs règles, sans cohérence nationale ?

 La réalité derrière les discours

La protection de l’enfance est souvent présentée comme un rempart contre la misère. Mais quand un quart des SDF viennent directement de l’ASE, cela révèle un système qui produit lui-même de l’exclusion.
Derrière les chiffres se cachent des destins fracassés : des jeunes livrés à eux-mêmes, sans famille, sans réseau, sans soutien réel.

 Ce que LEAC demande

Transparence : où vont les 10 milliards ? Quels résultats mesurables pour les jeunes ?

 Accompagnement digne : un vrai soutien jusqu’à l’insertion (logement, emploi, formation), pas un abandon à 18 ans.
Égalité territoriale : que l’accès aux droits ne dépende plus du département de naissance.
Prévention de l’exclusion : ne plus accepter qu’un système censé protéger mène à la rue.

 Conclusion

L’ASE dépense des milliards, mais des milliers de jeunes continuent de basculer dans la pauvreté et la marginalité. Quand 25 % des SDF viennent de la protection de l’enfance, c’est la preuve que l’argent ne protège pas, qu’il entretient un système opaque et inefficace.
Il est urgent de briser ce cercle vicieux.

Pour LEAC, protéger les enfants, ce n’est pas les placer, c’est leur offrir un avenir.

lire l’article : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/10/31/le-passage-a-l-age-adulte-des-enfants-places_5023411_4355770.html

3 Commentaires sur “ASE 10 milliards et SDF

  1. Myriam says:

    L’article dit qu’en 2014, la DRESS recensait 150 346 enfants placés et déjà c’était catastrophique. Il rapporte « On prépare les jeunes à se débrouiller avec un petit pécule.. »
    Aujourd’hui, on les met dans des classes Ulis pour quel avenir ? Les juges et l’ASE les placent et les déplacent à tout moment avec des periodes de scolarité interrompues. Si l’accueil est anticipé avant le jugement qui est une simple formalité, rien concernant l’école. Des familles dénigrées pour les éloigner avec au mieux des échanges médiatisés sporadiques. Les élites doivent garder leur domination sur les humbles. Longue vie au RSA et aux aux départements qui gèrent tout cela. Des familles d’accueil avec une formation de 54 h, sans bac, bien rémunérées. Des aides au devoir réalisées par du personnel non enseignant.
    Si chacun faisait son travail correctement d’autant que le système scolaire est gratuit au moins jusqu’au bac et certaines études supérieures aussi . Augmentez les bourses étudiantes, les chambres universitaires, l’apprentissage pour cela les aider à trouver un employeur car les jeunes doivent eux même trouver des maîtres d’apprentissage.
    C’est un début !

  2. Nadine Delannes says:

    Qui contrôle les comptes de l’ASE? La cour des comptes ne peut elle pas intervenir et dénoncer les utilisations abusives de notre argent? N’y a t il une obligations de résultats positifs pour ces enfants? Honte a ce systeme qui ne respecte ces enfants qui sont déjà en galere…

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