CRIMES SEXUELS SUR LES ENFANTS : LE TEMPS NE DOIT PLUS PROTÉGER LES AGRESSEURS.
Il aura fallu des années de combat, une nouvelle mobilisation et un débat parlementaire pour que l’évidence commence enfin à s’imposer.
Le 21 octobre, la commission des lois du Sénat avait supprimé la disposition visant à rendre imprescriptibles les crimes sexuels commis sur les mineurs, pourtant adoptée quelques mois plus tôt par l’Assemblée nationale. Une décision qui interroge profondément.
Le mercredi 28 octobre, le Sénat a finalement rétabli cette disposition, dans une version plus restrictive, en adoptant les amendements correspondants à une large majorité : 252 voix contre 80.
Une avancée majeure. Mais comment ne pas éprouver aussi de la colère ?
Comment peut-on encore opposer la tradition juridique, le droit à l’oubli ou les difficultés de preuve à la réalité des violences sexuelles subies pendant l’enfance ? Combien de témoignages faudra-t-il encore ? Combien de vies brisées, de silences imposés, de traumatismes enfouis pendant des décennies ?
Un enfant victime ne dispose pas toujours des mots, de la maturité, de la liberté ou de la sécurité nécessaires pour dénoncer ce qu’il subit. L’emprise, la peur, les menaces et la dépendance à l’agresseur peuvent le réduire au silence pendant des années, parfois toute une vie.
Et lorsque la parole finit par se libérer, il faudrait lui répondre qu’il est trop tard ?
Le temps qui passe ne fait pas disparaître le crime. Il ne répare pas le traumatisme. Il ne doit jamais devenir un refuge pour les agresseurs. La prescription ne doit pas devenir une seconde violence infligée aux victimes.
L’ENFANCE AU CŒUR salue ce vote. Nous regrettons néanmoins qu’un principe aussi essentiel ait pu être écarté en commission et qu’il ait fallu le défendre à nouveau.
La protection de l’enfance ne peut pas rester une déclaration de principe. Elle doit devenir une réalité, sans aucun accommodement avec l’impunité.
Le vote du 3 novembre sur l’ensemble du projet de loi constituera une nouvelle étape, avant la recherche d’un accord entre les deux chambres.
Et notre combat ne s’arrête pas là : tous les enfants doivent être protégés, toutes les violences prises au sérieux, toutes les alertes entendues.
Les enfants ont droit à la protection. Les victimes ont droit à la justice. .
Il n’y a pas de date de péremption pour les souffrances d’un enfant. Il ne devrait pas y en avoir pour son droit à la justice.
L’ENFANCE AU CŒUR


