mobiliser les politiques

entete de lettre1Paris, le 30 mars 2017

 

Chère Madame, Cher Monsieur,

Vous présentez votre candidature à l’élection présidentielle car vous aimez la France et vous avez à cœur de conduire notre pays sur la voie de la croissance et du progrès. Pour redresser notre pays, vous avez présenté les mesures que vous prendrez dans les domaines qui intéressent les Françaises et les Français.

Il y a cependant un sujet sur lequel vous ne vous êtes pas exprimé et pour lequel vous n’avez proposé aucune mesure. Ces mesures concernent directement un quart des citoyens français. Mais voilà, ces citoyens ne votent pas. Ils sont sujets de droit mais n’ont ni pouvoir économique, ni pouvoir électoral. Ces citoyens sont les enfants.

En tant que postulant à la fonction suprême d’un pays démocratique, la protection des êtres les plus vulnérables ne devrait-elle pas être au cœur de vos préoccupations ? Le marqueur d’une démocratie ne réside-t-il dans la capacité d’un pays à protéger ceux qui ne peuvent se défendre par eux mêmes ?

Surtout que la France accuse dans ce domaine un retard insupportable, et même honteux pour un pays « développé ». D’ailleurs, notre pays ne cesse d’être pointé du doigt par les plus grandes instances internationales.

Savez-vous qu’en France, chaque jour 2 enfants meurent suite à des maltraitances ? Savez-vous qu’en France, chaque jour, 422 enfants sont violés ? Savez-vous que des enfants suivis par les services sociaux continuent de mourir sous les coups de leurs parents ?

Savez-vous qu’un SDF sur quatre vient de l’aide sociale à l’enfance (ASE) et que six SDF sur 10 ont connu un passage par l’aide sociale à l’enfance ? Connaissez-vous ces rapports accablants pour la France que sont ceux de l’ONU, de l’UNICEF, de la Haute Autorité de Santé ? Tous dénoncent l’absence de système et de mesures efficaces pour enrayer la violence faite aux enfants en France.

La protection des enfants est un sujet fédérateur, qui intéresse tous les électeurs, et il est regrettable qu’aucun candidat ne se soit emparé de ce sujet pour sa campagne.

Les enfants d’aujourd’hui formeront la société de demain. La plus grande preuve d’amour pour votre pays n’est-elle pas d’en assurer l’avenir ? Que sera la France de demain si les enfants d’aujourd’hui ne sont pas protégés ?

J’attire votre attention sur le fait qu’au-delà des drames humains et des vies détruites, cette violence a des conséquences économiques importantes. Il est scientifiquement prouvé que la maltraitance a des graves répercussions sur la vie adulte et notamment sur la santé. D’ailleurs, certains pays ont fait le choix de suivre les recommandations de l’OMS et de traiter la maltraitance comme un sujet de santé publique au regard du gouffre financier de leur sécurité sociale (cancer, dépression, tabagisme, alcoolisme…).

Par ailleurs, ces enfants maltraités devenus adultes ont de plus grands risques d’être marginalisés, dans l’incapacité de travailler et de participer à la création de richesses matérielles du pays. Bien au contraire, ils seront à la charge de la société et bénéficieront des différentes aides sociales.

Ainsi au-delà du choix humaniste qui honore notre démocratie, faire le choix de la protection des enfants s’avèrent être judicieux sur le plan strictement social et économique.

En tant que Présidente, fondatrice de L’ENFANCE AU CŒUR, et au nom de tous nos adhérents, je vous prie de bien vouloir vous prononcer sur la politique de protection des enfants que vous comptez mener si vous êtes élu.

Veuillez recevoir, Chère Madame, Cher Monsieur, mes salutations distinguées.

Edith SIMONIN

Présidente

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