GILET JAUNE POUR LES ADULTES EN COLÈRE…. ET SILENCE POUR LES ENFANTS MALTRAITÉS

Le mouvement des Gilets Jaunes démontre une fois de plus qu’un phénomène à peine visible « officiellement » (dans ce cas, la paupérisation de nombreuses couches de la population) peut un jour éclater au grand jour. Cependant pour qu’une souffrance devienne ainsi visible, il faut au moins deux conditions : la fédération de ceux qui la subissent et la possibilité pour ceux-ci de peser sur le débat public. Les Gilets Jaunes réunissent ces deux conditions : ils ont su s’unir et ils peuvent peser sur les responsables. Par ailleurs, ce sont des électeurs. Dans ce contexte, ils sont certes combattus, mais dans une mesure croissante ils sont craints et écoutés. Ils peuvent infléchir le cours des choses.
Les enfants victimes de maltraitance qui sont pourtant extrêmement nombreux en France, (les spécialistes s’accordent à dire que c’est un phénomène de société et un enjeu de santé publique), ces centaines de milliers d’enfants, eux, n’ont pas cette possibilité. A l’évidence ils ne peuvent pas s’unir, et encore moins peser sur un débat public auquel ils n’ont par définition pas accès. Par ailleurs, les enfants ne votent pas. Il en ressort que les politiques s’en désintéressent totalement. Leurs défenseurs existent, ce sont leurs parents, que se passent-ils lorsque les parents sont aussi ceux qui leur font du mal, puisqu’environ 80% des violences sont intrafamiliales ? Pire, encore que se passe-t-il lorsque le parent protecteur est écarté parce que les autorités ne croient pas l’enfant ? Ce qui arrive beaucoup plus souvent qu’on ne le pense !

Les chiffres sont édifiants en France : 422 viols d’enfants chaque jour, deux enfants meurent chaque jour en France, 4 millions de personnes ont été victimes d’inceste, 1 enfant sur 5 victime de violences….

La politique de protection de l’enfance n’a pas réduit le nombre de victimes et n’a en rien endigué les fléaux quotidiens qui s’abattent sur nos enfants… n’est-ce pas un constat effrayant qui rend insupportable les grandes déclarations de nos politiques lorsqu’ils parlent de protection de l’enfance et multiplient les promesses d’actions ?

Invisibles, totalement vulnérables, les enfants du pays des droits de l’Homme doivent endurer souffrances et humiliations dans le silence.

Face à ce constat, les associations de protection de l’enfance à qui incombe la mission de les défendre et d’informer les familles, tentent des initiatives mais peinent à se faire entendre. En effet pour être visible et médiatisé, un combat en faveur des enfants doit être attractif pour les médias. Les associations comme L’ENFANCE AU CŒUR sont démarchées par des journalistes qui veulent des noms d’enfants ou de mamans d’enfants victimes, pour verser dans le larmoyant.

Mais le débat qui doit être ancré dans le public concerne l’irresponsabilité de nos politiques (dans le sens étymologique du terme « qui n’apporte pas de réponse »). Et c’est le combat de L’ENFANCE AU CŒUR.

La seule issue est une action de masse qui ressemblerait à celle des Gilets Jaunes. D’ailleurs depuis le début de ce mouvement, tous les observateurs associatifs en protection de l’enfance pensent de même : ils imaginent de petits gilets jaunes qu’endosseraient des milliers d’enfants, que revêtiraient aussi leurs (bons) parents et toutes les taches de couleur jaune qui pourraient alors couvrir la France et rendre visibles les citoyens les plus petits, les plus vulnérables mais les plus précieux qui soient : nos enfants.

Protéger les enfants, c’est aussi assurer notre avenir ! A l’aube de cette nouvelle année, L’ENFANCE AU CŒUR ne fait pas que rêver à cette possibilité, elle l’étudie sérieusement. Rendre visible ce qui est invisible est après tout la marque de fabrique de l’association puisqu’elle a choisi d’afficher un cœur rouge dans son nom – le cœur invisible que nous avons tous en nous, au fond de notre poitrine.

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